On ne gouverne pas un État avec des états d’âme. On le gouverne avec de l’autorité, du droit et de la fermeté. Le lutteur Siteu a franchi une ligne rouge en s’autorisant l’insulte et l’insolence à l’égard du ministre de l’Intérieur. Ce n’est pas une simple dérive verbale, c’est une atteinte directe à l’autorité de l’État. Dans toute République digne de ce nom, cela appelle sanction. Sans hésitation. Sans justification. Sans complaisance populiste.
Mais s’arrêter à l’individu fautif serait une erreur politique majeure. Le vrai problème est systémique. Il réside dans le rôle joué par certains médias qui, consciemment, fabriquent et diffusent l’outrance comme produit éditorial. Ces médias ne se contentent pas de relayer, ils organisent, scénarisent et monétisent l’injure. Ils transforment l’irrespect en divertissement et la contestation de l’État en norme culturelle. À ce stade, ils ne sont plus de simples diffuseurs, ils sont des acteurs de la déstabilisation symbolique de l’autorité républicaine.
Qu’on ne s’y trompe pas ce n’est ni le le syndicat des journalistes, ni certains organes dits de régulation qui condamneront ces dérives. Leur silence face à l’injure n’est pas une neutralité ; c’est un choix politique. Ils s’inscrivent dans une logique insurrectionnelle permanente, où toute affirmation de l’autorité de l’État est perçue comme une oppression, et toute exigence de responsabilité comme une censure. Leur méthode est désormais classique : laisser prospérer l’injure, banaliser la subversion, puis hurler à l’atteinte à la liberté de la presse dès que l’État décide enfin d’agir.
Cette manœuvre doit être dénoncée pour ce qu’elle est un chantage idéologique. La liberté de la presse n’est pas le droit de saper l’État. Elle n’est pas le permis d’insulter les institutions. Elle n’est pas la couverture juridique de l’anarchie verbale. Dans une République, la liberté s’accompagne de règles, et la parole publique engage une responsabilité. Sans cela, il n’y a plus d’espace public, seulement un champ de ruines discursives.
L’État doit donc assumer pleinement son rôle régalien. Sanctionner l’auteur de l’injure, oui. Mais surtout mettre les médias diffuseurs devant leurs responsabilités, sans trembler, sans reculer, sans négocier avec les cris d’orfraie corporatistes. Un État qui recule face à l’insolence médiatisée abdique. Un État qui hésite face à l’outrance organisée prépare sa propre délégitimation.
Il faut le dire clairement : la République n’est pas un plateau télé, et l’autorité de l’État n’est pas un sujet de divertissement. Si l’on tolère aujourd’hui l’injure contre un ministre, demain ce sera contre l’institution judiciaire, après-demain contre la Présidence, et très vite contre l’État lui-même. L’histoire enseigne que les Républiques ne tombent pas d’un coup : elles s’effritent, mot après mot, silence après silence.
Le temps n’est plus aux précautions oratoires. Le respect de l’État n’est pas négociable. La fermeté n’est pas une option. Elle est une obligation républicaine.









































"/>

